SolarPak : Le cartable solaire pour éclairer et étudier une fois la nuit tombée

L’importance de l’électricité pour les êtres humains n’est plus vraiment à démontrer. Car il suffit de faire la liste des choses qu’on peut faire chez soi à la maison, la nuit tombée, lorsqu’il y a une subite coupure d’électricité. Pas grand-chose encore moins s’il faut réviser. Et c’est normal car presque tout ce dont on a besoin fonctionne à l’électricité : télévision, radio, téléphones, micro-ondes, ampoules, ventilateurs, climatiseurs, réfrigérateurs, etc. C’est devenu très compliqué de vivre sans électricité. Et j’en sais quelque chose car entre 2007 et 2011 lorsque j’étudiais à Dakar, on subissait régulièrement – de Juillet à Octobre, les mois les plus chauds de l’année – d’affreuses et aléatoires coupures d’électricité. Ces délestages duraient parfois 10h et s’invitaient dans nos quotidiens sans jamais crier gare. Pour y parer, il fallait rester plus longtemps à l’école après les cours (quand c’était la journée) mais la nuit, les solutions n’étaient pas nombreuses pour étudier dans des conditions convenables.

C’est pratiquement le même constat qu’à fait Evariste Akoumian, lorsqu’il se déplaçait dans les zones rurales en Côte d’ivoire pour livrer du matériel informatique. Le soir venu, il rencontrait des enfants de retour de l’école, qui n’avaient parfois plus qu’une heure pour étudier à la lumière du jour, faute d’électricité à la maison. La seule source lumineuse disponible dans ces foyers était parfois une simple lampe tempête fonctionnant au pétrole. Lumière qu’il fallait partager entre tous les membres de la famille dans la maison. Difficile pour les écoliers de s’en sortir dans ces conditions. Comment étudier convenablement leurs leçons sans lumière la nuit tombée avec des contraintes de ce genre?

La solution d’Evariste est toute simple. Utiliser le soleil pour recharger une batterie qui alimentera une petite lampe que les écoliers utiliseront plus tard, une fois la nuit tombée. Et pour se faire, il a l’idée de monter un tout petit panneau solaire sur le cartable des écoliers. Ce cartable est baptisé SolarPak. Ces enfants qui ont l’habitude de marcher parfois de longues distances pour aller à l’école, ont dorénavant la possibilité de joindre l’utile à la désagréable distance. La batterie se rechargera sur le chemin de l’école et en revenant à la maison. Il suffira ensuite de connecter la petite lampe à la batterie du SolarPak pour profiter de la lumière. D’après Evariste, une journée de charge produira entre 4 et 5 heures d’autonomie à la lampe.

Le SolarPak

Pour l’heure, Evariste a distribué deux cents SolarPak sur les cinq cents assemblés et financé sur fonds propre. Pour un total de 32 millions de francs CFA. Tout le matériel est importé depuis l’Asie et assemblé en Côte d’Ivoire. Et il emploie actuellement 10 personnes dont des bénévoles. C’est une belle initiative de sa part. Mais n’étant pas uniquement un bon samaritain, il sollicite à l’heure actuelle l’aide de personnes de bonnes volontés et autres organismes à but non lucratifs pour augmenter son équipe, fabriquer et assembler localement les cartables. Cela lui permettra déjà de réduire considérablement ses dépenses.

Mais à mon sens, il peut déjà à défaut d’avoir les financements requis pour confectionner ses propres sacs ou les importer, étudier la possibilité d’intégrer le panneau solaire, la batterie et la connectique dans des cartables existants.

A savoir que d’autres solutions de cartables solaires ont déjà vu le jour notamment en Afrique du Sud. Confirmant que ce problème d’électricité est loin d’être anodin en Afrique. Et l’ONU estime a 700 millions, le nombre de personnes sur le continent n’ayant pas régulièrement accès à l’électricité. Ci-dessous un exemple qui vient de la Guinée, où les étudiants doivent très souvent se rendre sur le parking de l’aéroport, histoire de profiter de la lumière… des lampadaires. L’électricité étant un luxe auquel tout le monde n’a pas droit.

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Etudiants sur le parking de l’aéroport en Guinée

Avec des moyennes d’ensoleillements annuels oscillants entre 1100 heures (Guinée Equatoriale) et 4000 heures (Algérie), l’Afrique a un énorme potentiel en termes d’énergie solaire. C’est donc loin d’être anodin si les projets pour tirer profit de cette ressource se multiplient un peu partout ces dernières années : Akon Lightining Africa ; PowerAfrica ; Energie Pour l’Afrique ; Santhiou Mékhé ; Centrale solaire Noor ; Parc solaire au Rwanda

Source : Les observateurs France24

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