Introduction à l’entrepreneuriat et aux startups tech en Afrique

Entreprendre : Prendre la résolution de faire quelque chose, quelque action, quelque ouvrage, et commencer à la mettre à exécution.

Startup : Jeune entreprise innovante, dans le secteur des nouvelles technologies

 

The opening

Entreprendre, entreprenariat, entrepreneur, startup, startuper, innovation

A défaut d’avoir vécu dans une grotte ces dernières années, vous avez surement déjà lu ou entendu l’un de ces mots quelque part. N’importe où : télévision, radio, journal, internet, conversation, affiche publicitaire,… Tout le monde en parle car c’est la tendance depuis un sacré moment. Il vous suffit de placer l’un de ces mots dans une conversation pour que les gens autour de vous prêtent religieusement l’oreille et concentrent toute leur attention sur vos prochains mots.

Portés par les succès des précurseurs du genre : Microsoft, Apple et plus récemment Facebook, entreprendre et créer sa startup est devenu LE truc à faire absolument avant de mourir. Dans un contexte légèrement différent, Jacques Séguéla aurait très bien pu dire: « Si à 50 ans on n’a pas une startup, on a quand même raté sa vie ». Mais bon, on lui pardonne car il est né bien avant l’explosion de la bulle internet.

La question de l’entreprenariat et les motivations qui vont avec ont déjà été posées et débattues des millions de fois. Mais vu que c’est tendance comme débat (pareil pour le burkini) et que cela n’ennuie encore personne – à priori – je vais donc en rajouter une couche.

 

Qui peut entreprendre ?

Tout le monde. Pas besoin d’être majeur et vacciné. Pas besoin d’être Bac + 10 en ingénierie mécanique. Pas besoin d’avoir 30 ans d’expérience dans un domaine particulier. C’est aussi ça le charme des startups. La condition première pour entreprendre c’est une idée, un concept, une inspiration, une épiphanie. Appelez-ça comme bon vous semble. Et si cette idée s’avère par la même occasion, être rentable alors le compte est deux fois bon. Car une idée c’est bien mais une idée rentable c’est mieux. Sauf si vous avez des ambitions de bon samaritain. Mais ne vous y trompez pas. Si un jour l’envie d’entreprendre vous submerge, n’allez pas simplement chercher l’idée du siècle et vous mettre à caresser le doux rêve de la gloire et du succès parce qu’en vérité, c’est un peu plus subtil que cela.

N’oubliez pas qu’on est un peu plus de 8 milliards d’humains sur terre. Et que votre idée, aussi géniale soit elle, quelqu’un, quelque part l’a peut-être déjà eue et est surement en train de travailler sur le projet. Tout le monde a des idées (bonnes et terribles) mais la grosse différence se jouera à l’exécution de ladite idée. Par exemple lors de l’élaboration de votre business plan, vous aurez généralement à répondre aux questions suivantes: Quel problème résout votre idée ? Quel est la cible de votre solution (marché ou clients potentiels) ? Comment comptez-vous rentabiliser cette idée ? Etc. Mais d’une personne à une autre, pour la même idée, les réponses à ces questions seront très différentes. D’où l’importance de la méthode d’exécution propre à chaque aspirant entrepreneur. Ainsi vous pourrez transformer cette simple idée en projet viable.

 

Qui ne peut/doit pas entreprendre ?

Entreprendre est un long et périlleux voyage. Créer sa startup c’est exactement comme mettre au monde un enfant. Une fois conçu, il faudra assumer ses responsabilités et s’en occuper : l’éduquer, le nourrir, le vêtir, le soigner, préparer son avenir, gérer les imprévus et régler toutes les factures qui en découlent. Les mêmes règles s’appliquent lorsqu’on se lance dans une startup.

Une startup n’est pas un engin qu’on démarre et qu’on laisse ensuite sur pilotage automatique. Ne rêvez pas. Il vous faudra mettre la main à la patte, transpirer, douter et consacrer une grosse partie de votre temps à ce projet. Vous devrez dormir, manger et vous réveiller avec votre startup en tête. De la constitution de l’équipe à la recherche de clients en passant par les rencontres avec des partenaires financiers et le développement au quotidien de vos activités, vous devrez participer de bout en bout et être au parfum de chaque étape du voyage. Vous devrez surement sacrifier les congés et le salaire pendant un bon moment. Normal, votre entreprise ne sera pas forcément rentable dès sa première année. Assurez-vous donc d’avoir le minimum vital pour subvenir à vos propres besoins avant de vous lancer. Gardez cela à l’esprit.

Par conséquent si vous êtes allergique à la gestion de projets, aux prises de risques, aux engagements, aux respects de délais, au suivi quotidien d’activités, à la délégation de tâches, aux prises de décisions (souvent difficiles), aux échecs ou trop confortablement installé dans votre bulle alors : l’entreprenariat n’est peut-être pas fait pour vous. La passion, la motivation et la dévotion sont les prérequis quand il s’agit de devenir entrepreneur. Malheureusement, il n’y a pas foule d’écoles qui enseignent ces trois qualités. Donc si elles vous manquent, peut-être qu’il serait plus sage de passer à autre chose. Cherchez-vous d’autres passions ou devenez dans une moindre mesure un business angel.

 

Pourquoi entreprendre ?

La raison première pour embrasser une carrière d’entrepreneur est avant tout d’adresser une problématique afin de :

  • Apporter une solution à un problème auquel des personnes sont confrontées.
  • Fournir un service

Le monde de l’entreprenariat est en constante évolution parce qu’il y a encore d’innombrables défis à relever. Surtout en Afrique. Les problématiques ici étant nombreuses, les idées ne manquent pas lorsqu’il s’agit de se lancer. Tombé là-dessus il y a quelques années, je vous laisse découvrir l’excellent papier de Florent YOUZAN « Chaque problème d’un africain est une idée d’entreprise ». Vous saurez comment commencer un brainstorming pour qui veut créer des startups en Afrique.

En plus de proposer une solution à un problème, les startupers dans le monde partagent en commun (ici, ici et ) de nombreuses motivations pour se lancer dans l’aventure :

  • Etre indépendant
  • Contribuer au développement
  • Augmenter ses revenus
  • Créer son propre emploi
  • Créer des emplois pour les autres
  • S’inspirer des réussites des autres

Cependant, entre autres raisons, celles-ci-dessous pourraient être ou ne pas être suffisantes pour se lancer. Tout dépendra du niveau réel de motivation de l’intéressé:

  • La tête de mon patron ne me revient pas
  • Je n’aime pas recevoir d’ordres
  • Je ne suis pas heureux au boulot
  • Je veux être le prochain Mark Zuckerberg, Aliko Dangote, Steve Jobs, Jack Ma, Rapelang Rabana, Verone Mankou

S’agissant de la motivation financière, dire qu’on monte sa startup pour devenir riche et célèbre risque de faire tache lors de vos présentations devant les potentiels business angels. Jouez la carte de la sobriété comme tout le monde. On a qu’une seule occasion pour faire une première bonne impression. Et s’annoncer dès le départ comme étant avide et motivé uniquement par l’argent, n’est pas recommandable. C’est bien d’être motivé par l’argent. Tout monde ou presque l’est. Mais c’est tabou de le dire haut et fort. Car si votre principal objectif est d’ordre pécuniaire, vous pourriez être amené à prendre des décisions pas toujours objectives concernant votre projet. Parlez de la problématique que votre solution résout. Puis vous présenterez le potentiel de rentabilité.

 

Qu’est-ce qu’on y gagne ?

Tout d’abord, le premier gros point positif de cette aventure entrepreneuriale, c’est les compétences que vous allez acquérir. Quoi de mieux que d’apprendre tout au long du développement de vos activités, les aptitudes qu’il vous manquait depuis tout ce temps ? Et le choix des compétences est large : marketing, communication, gestion de projet, programmation, design, finance, gestion de stock, négociation, travail d’équipe, etc. Vous avez l’opportunité unique d’apprendre directement sur le terrain en tant qu’autodidacte ou avec l’aide de vos collaborateurs mieux qualifiés que vous dans ces domaines. Car pour gérer votre activité et mener efficacement les personnes qui la composent, certaines de ces compétences vous seront certainement indispensables.

Ensuite, votre startup, aussi petite soit-elle sera un générateur non négligeable d’emplois. Cinq, cinquante ou cent personnes, peu importe. Ce sera grâce à vous et au concours de tous que les personnes qui y travaillent pourront améliorer leur quotidien et celui de leurs familles. Cette satisfaction n’a généralement pas de prix. De plus votre activité, en apportant une solution concrète à un problème donné, crée indiscutablement de la richesse et de la valeur pour la société. Et avec de la chance, cela inspirera d’autres personnes à suivre votre chemin ou vous plagier 😀

Finalement, entreprendre est un sacré voyage. Et comme souvent lors des bons voyages, on peut se faire des amis. Donc en montant votre startup, vous rencontrerez et collaborerez obligatoirement avec de nouvelles personnes en dehors de votre cercle habituel. Vous aurez l’opportunité de côtoyer du monde, discuter et échanger sur de nombreux sujets. Vous donnant ainsi l’occasion de vous enrichir sur le plan humain et social. Vous aurez des collaborateurs, des collaboratrices, des partenaires et de nouveaux contacts desquels vous tirerez surement de nouvelles et précieuses amitiés. Et avec de la chance, ce sera pour vous comme une seconde famille.

 

Quelques entrepreneurs et startups africaines

L’ami Corneille Towendo passe la majeure partie de son temps à rencontrer et recueillir les témoignages de startupeurs du continent sous forme de podcasts. C’est une bonne dose d’inspiration pour qui s’intéresse au monde des startups et des réussites aficaines. Vous en apprendrez énormément sur leur parcours, leurs motivations, leurs difficultés, leurs ambitions, etc. Ce sont des enseignements riches et variés que vous trouverez sur son site Entrepreneurenaction.com

Je vous invite aussi à lire la riche interview de Stanislas Zézé, PDG de Bloomfield, première entreprise de notation financière en Afrique.

 

The conclusion

Se mettre à son compte est un long et difficile parcours. Surtout lorsqu’il s’agit d’entreprenariat et de startups en Afrique. Loin d’être une mince affaire, il vous faudra vous armer de courage, de patience et ne pas avoir peur de prendre des risques pour réussir.

Cependant, le paysage des technologies et des startups en Afrique subit depuis quelques années une incroyable métamorphose. Avec ses fablabs, ses ateliers d’innovation, ses mentors, son réseautage, ses incubateurs et ses témoignages de plus en plus nombreux un peu partout sur le continent, il est de plus aisé de se lancer dans le monde des startups africaines.

Discuter autour de vous et faire valider votre idée auprès de quelques personnes avant de vous lancer corps et âme dans le projet est très souvent une bonne idée. Et n’attendez pas forcément les encouragements de tous. Si vous sentez que vous pouvez le faire alors allez-y. Au pire des cas vous échouerez et vous retournerez à la case départ mais vous aurez gagné de l’expérience qui pourra toujours vous servir plus tard quand repartirez à l’attaque. Au meilleur des cas, vous aurez réussi votre pari sur la vie et la machine sera en route.

Les deux points ci-dessous n’ont délibérément pas été abordés dans ce dossier. Ils feront plus tard l’objet d’un article chacun :

  • Comment trouver une idée de startup en Afrique ?
  • Comment trouver un financement pour sa startup en Afrique ?

« Les barrières sont dans nos têtes, les limites dans nos cœurs » ~ Keny Arkana – Les chemins du retour

Et vous, des choses à ajouter à la discussion ? N’hésitez pas à le faire savoir dans les commentaires.

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