3 raisons pour lesquelles ta startup va couler

Il y a de ces jours qui commencent comme tous les autres jours. Mais par un heureux hasard ou un concours de circonstances savamment orchestrés, il nous arrive à table, sous la douche, dans la rue ou sur le trône d’avoir une inspiration. Cette fameuse inspiration. Cette révélation. Ou encore cette épiphanie comme le disent les initiés.

Ca y est : l’idée du siècle est toute trouvée. Elle est là dans la tête. Et les pensées se bousculent à une telle vitesse qu’on en vient à ne plus tenir en place. On veut noter tout ça quelque part, histoire de ne pas l’oublier. On veut bouger, tout lâcher pour se lancer sur le champ. Et dans cet élan de rêveries et de spéculations on en vient rapidement à imaginer fonctionnalités et possibilités, équipe de travail, logos, bureaux, partenaires d’affaires, etc.

On se laisse même parfois aller à se rêver un destin de startup de l’année, interviewé par un journal de la place pour cette idée de génie qu’on a eue. Et pourquoi pas un passage à la télé nationale – un de ces soirs – au 20h… Mais on s’égare peut-être un peu. Descendons délicatement de ce délicieux nuage. On remontera tout à l’heure. Après avoir parcouru ensemble quelques points et validé certaines certitudes.

Le dur constat a l’heure actuelle, c’est qu’il n’est pas aisé de réussir dans l’entreprenariat. Mais on trouve du réconfort, lorsqu’on pense aux autres qui y sont déjà arrivé. Alors, pour ne pas que le magnifique parcours qu’on a rêvé tout à l’heure ne reste qu’un rêve, on essayera de passer en revue les erreurs courantes que certaines personnes ont déjà eu la gentillesse de commettre. Et voir ensembles quelques-unes des principales raisons de l’échec des startups. Puis on en tirera les leçons idoines. Car comme on dit :

« Ça n’arrive pas qu’aux autres »

« L’expérience grandit quand on la partage »

Alors sans transitions, parcourons trois actions à éviter pour ne pas couler sa startup :

 

Etre peu (ou pas) informé

L’information est la clé du pouvoir. Tout le monde le sait. Mais l’une des grosses erreurs commise avant le lancement d’une startup est de négliger l’étape cruciale de collecte et d’étude des informations. Avancer dans le noir et improviser au fur et à mesure est tout sauf un choix judicieux si on espère mener une activité pérenne, stable et génératrice de revenus. Pour ce faire, le minimum d’information à avoir avant de se lancer doit porter sur :

La pertinence de l’idée

Avoir une idée, c’est bien. Mais avoir une bonne idée, c’est mieux. Il devient donc quasi vital d’éprouver son idée avec la famille et les amis. D’en discuter brièvement autour de soi afin de voir ce qu’elle vaut concrètement. Parler à des rabats-joies ou des sceptiques de nature peut se reveler un bon exercice. Le concept était peut-être génial dans votre tête mais en discuter peut vous ouvrir les yeux sur certaines facettes que vous n’aviez pas forcément à l’esprit. Cette étape bien qu’importante, peux parfois rebuter plus d’une personne. Surtout celles qui ont peur de se faire piquer leur idée. Avoir peur est un sentiment humain. Certes. Mais c’est loin d’être un motif suffisant pour se lancer dans cette grande aventure tête baissée et réaliser après 18 mois d’efforts physiques, moraux et financiers que personne n’est intéressé… Même par les échantillons gratuits de notre produit. N’hésitez donc pas à parler de votre idée et de recueillir des avis. Le plus important n’est pas votre idée mais comment vous allez l’exécuter.

Le marché cible

Notre idée est validée et semble avoir du potentiel ? Ok. Il est l’heure de déterminer qui pourrait être intéressé par le produit/service qu’on souhaite lancer. Pour déterminer son marché, rien de plus simple que de répondre aux questions suivantes : A qui s’adresse le besoin ? Qui seront mes futurs clients ? Quels sont leurs centres d’intérêts ? Ou les trouver ? Etc. On se doit de connaitre son environnement et ses futurs clients, tout d’abord pour mieux les servir et éviter les impairs. Ensuite, cela nous permettra d’en évaluer la taille et sa probable rentabilité. Car cela ne sert pas à grand-chose d’avoir une idée de startup géniale mais qui au final n’intéressera que 2 clients. Et pour finir, on sera bien mieux armé lorsqu’il s’agira de dimensionner nos besoins en fonction de la possible clientèle.

Sur la concurrence

On connait nos clients. C’est cool. Mais combien sont-ils réellement de disponibles ? La concurrence ne les a-t-elle pas déjà à sa botte ? On ne peut raisonnablement pas se lancer dans le grand bain sans savoir qui est déjà dans la compétition ou qui va bientôt l’être et quelles sont leurs forces et faiblesses. Sinon on apparaît handicapé lorsqu’il est temps d’innover, de se démarquer et sortir du lot. Le plus grand risque alors est de finir avec une gigantesque étiquette de société-bis sans saveur collée sur le front. Faisant sombrer toutes nos ambitions de conquête de parts de marché. Tous les jours naissent des idées et les entreprises qui vont avec. Et pendant que vous construisez votre stratégie, vos concurrents font pareils. Sachez qui ils sont, renseignez-vous sur leurs produits, testez les si possible et ne vous reposez pas sur vos lauriers. Les parts de marchés se font de plus en plus rares et dans les années à venir, ne pourront survivre que les entreprises qui placeront l’innovation au cœur de leur stratégie afin de garder leurs clients durement acquis ou piquer ceux des autres.

 

Penser trop grand, trop tôt

D’innombrables startups ne survivent pas à la première année uniquement à cause de la folie des grandeurs. Faire un mauvais dimensionnement de ses besoins est une chose. Dilapider ses rares et précieuses ressources en est une autre. Toutes les startups ont tôt ou tard besoin de financement. (A vrai dire même ceux qui ne montent pas de startups ont besoin d’argent) Que ce soit pour les infrastructures, la recherche et le développement, la fabrication d’un prototype, la constitution d’une équipe, etc. Et pour financer cette aventure, chacun son astuce : autofinancement, concours, prêts famille, amis, banques, etc.

Une fois cet argent sécurisé, notre jeune entreprise – qui est encore à la recherche d’un modèle économique viable et de clients – doit absolument utiliser avec parcimonie sa manne financière. (A moins qu’elle soit illimitée. Auquel cas, n’hésitez absolument pas à m’envoyer un petit mail pour me prévenir. J’ai quelques projets sous la main.) Par conséquent, l’acquisition de ressources humaines et matérielles non essentielles est à proscrire. Pareil pour vos besoins personnels qui sont à dissocier de ceux de la société.

Pour vous aider, commencez par faire la liste de tous vos besoins. Ensuite classer les dans ces trois catégories (allant respectivement du plus important au moins important) :

  1. L’indispensable
  2. L’utile
  3. L’agréable

Une fois cette répartition faite, procurez-vous ceux de la catégorie ‘Indispensable’. Point final. Ce seront vos besoins à court terme. L’utile et l’agréable iront respectivement dans le moyen et le long terme lorsque vous aurez des bénéfices et une certaine stabilité financière.

Rien ne sert de prendre un local hors de prix dans un quartier chic qui offre plus d’espace que ce dont vous avez réellement besoin ou qui coûte plus cher que ce que l’entreprise peut supporter. Nul besoin d’acheter du matériel si vous avez la possibilité de commencer par de la location. Ne recrutez pas non plus à tour de bras alors que vous n’avez pas de quoi assurer leur salaire pendant au moins un an. (Car il est très rare pour une startup d’être rentable la première année) Ne gaspillez pas non plus vos premiers bénéfices car le plus dur vous attend devant. Donc exit les weekends tous frais payés, les voitures, les chauffeurs, les diners avec les partenaires, etc. Dépensez uniquement dans l’indispensable pendant vos premières années d’activité. Faites du bien à votre entreprise et non à vous-même.

« Celui qui se contente de peu, ne manque de rien »

 

Etre seul aux commandes

Certaines personnes vivent du principe : Mieux vaut être seul que mal accompagné. Cela marche peut-être dans la vraie vie mais pas dans l’univers des startups. Et à moins d’être surdoué(e), vous aurez absolument besoin de partenaire(s) pour vous lancer. Car tout d’abord, la gestion d’une startup nécessite tellement de compétences: gestion de projets, finance, marketing, développement, gestion de stock, community management, etc. Que même si vous aviez toutes ces compétences, vous ne pourriez raisonnablement pas tout faire uniquement vous-même. Ensuite, travailler seul sera contre-productif et vous fera accuser pas mal de retard. Concentrez-vous sur ce que vous savez faire de mieux. Et déléguez les autres tâches à des personnes mieux qualifiées que vous. L’autre avantage d’avoir quelqu’un avec qui faire cette aventure, c’est qu’on traverse mieux les périodes de doutes et les zones de turbulences. L’autre pouvant prendre la relève à tout moment pour assurer un minimum de continuité.

Cependant il ne faut pas non plus s’entourer de trop de personnes, sinon on complique assez rapidement les choses. Par exemple, il est plus facile de discuter à 2 ou 3 et se mettre d’accord sur certaines choses qu’avec 12 hommes en colère. De plus, c’est très souvent source de conflits et de pertes de temps énormes. Sans parler des parts dans l’entreprise et du partage du gâteau. Car plus on est à gérer l’affaire, moins on en aura au final à se mettre sous la dent. Cependant tout dépendra de votre cœur de métier mais sachez que 1 ou 2 associés suffisent très souvent pour monter une affaire réussie.

 

Pour finir, retenez simplement que la plus grosse erreur que vous pourriez commettre c’est ne pas essayer.

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